
(Disclaimer: c’est sur YouTube) Dans le série, c’était mieux dans le bon voieux temps… ou pas forcément ?.
On notera la richesse du vocabulaire de ces enfants qui, pour la plupart, mais pas tous, reconnaissent joyeusement carotter les lectures obligatoires et les lectures sérieuses (au profit des “illustrés”).
On notera aussi leur capacité à exprimer des idées nuancées en formant des phrases complexes.
Mais ce que j’ai particulièrement apprécié, c’est la franchise de ces enfants qui, pas une fois n’ont semblé éprouver la moindre gêne à ne pas savoir qui était l’auteur d’un livre, ou à ne pas l’avoir lu.
Je m’inquiète assez souvent du déclin de la lecture chez les jeunes pour me permettre de rappeler qu’il ne s’agit jamais de pointer du doigt les enfants. Car ce déclin de la lecture ils en sont les principales victimes, pas les auteurs. Les responsables, ils sont du côté des adultes, aussi bien à l’école que dans les familles, où à de trop rares exceptions l’on passe son temps à faire tout et n’importe quoi sauf lire un livre.
Cette inconscience joyeuse des enfants, c’est quelque chose qui me paraît manquer aux gamins aujourd’hui.
Bon, c’est peut-être un effet d’optique lié à la distance : j’ai peu de contact avec les jeunes. Mais de ce que j’en aperçois, c’est… pas joyeux. Et qui pourrait les en blâmer?
On leur annonce que le monde dans lequel ils viennent de commencer à vivre n’a plus d’avenir, que la société s’effondre, plus de travail (et ce sera pire encore avec l’IA), le pays n’a plus de boussole et plus de projet, que le monde entier est sur le point de devenir un enfer: politique, écologique et sociétal. Tout semble n’exister que pour contribuer à plus de violence, de haine de l’autre, de chaos et de destruction.
On leur répète aussi à l’envi qu’ils coûtent cher, et qu’ils sont un trop bruyants, onb va même créer des wagons et des restaurants sans enfants.
Bruyants, c’est vrai qu’ils le sont parfois mais le sont-ils à ce point plus insupportablement que, disons, le trafic ininterrompu des voitures et motos pilotés par des adultes silencieux, eux? Ou le son des flux vidéos et des conversations facetime de ces autres adultes qui conçoivent l’espace public comme une cabine téléphonique géante à leur usage exclusif? Et puis, quand parfois ils sont vraiment insupportables, qui est réellement la cause de ce comportement de petit con… si ce n’est leurs parents ? Bref. On blâme les enfants, c’est moins risqué que de demander des comptes aux adultes qui sont censés les éduquer je suppose.
En attendant, comme tous les enfants, ils observent et apprennent des adultes qu’ils voient s’agiter comme des poulets décapités, dans un quotidien à qui on a retiré tout signification et toute direction. A tel point qu’oser parler de « sens » est presque devenu insultant. Un sens que l’on a remplacé par une anxiété permanente, un culte de l’agressivité et du rejet des autres.
Published: 2026 Jul 29