Discuter Tolstoï, Dostoyevski (et Shakespeare) et acheter une BD

Cet après-midi, au hasard d’une rue tournée, entrer dans une petite libraire specialisée dans la BD et se surprendre à y discuter un peu plus d’une heure durant de littérature classique, avec son patron, pour, finalement, repartir avec un exemplaire de l’étonnante Marly ou la neige en été sous le bras. Ca arrive.

Edit à 21h30 le même jour: recevoir un email du patron qui me recontacte après avoir fait quelques recherches pour répondre à certaines de mes questions restées en suspens. Ca aussi, ça arrive.

Avant de quitter la boutique et son patron, décidément bien peu banal, faire le point sur la situation de la presse amateure actuelle (les fanzines de mon temps — je dis mon temps car, de nous deux, j’étais le plus âgé — ou les ‘zines des jeunes d’aujourd’hui), pour tomber à peu près d’accord sur un double constat : le phénomène est infiniment plus anecdotique qu’à l’époque et, surtout, la sauce ne prend pas comme elle prenait dans les années 70/80 et 90. Trop souvent trop policés, tenant plus du portfolio à soumettre à un éventuel employeur que de l’éructation, et aussi très conscients d’eux-mêmes, les ‘zines semblent avoir perdu ce qui pour l’ado des années 80 que j’étais en faisait tout l’intérêt: plus que le plaisir de tout saccager, ele plaisir de tout oser, sans limite et surtout sans auto-censure.

Il me semble évident que ces jeunes et talentueux artistes doivent encore trouver le format qui leur convienne réellement. Je ne pense pas que ce soit le ‘zine — qui a peut-être fait son temps ? — du moins pas sous cette forme toujours dans les clous.

J’ai cru comprendre que Juillet était le mois des fanzines ? Si c’est le cas, joyeux mois, les (fan)zines.


Illustration

En dehors d’une poignée de classiques, qui vont des indépassables Astérix et Calvin & Hobbes au très différent mais non moins génial Hugo Pratt, en passant par d’autres pointures de géants telles que Franquin ou Bilal, je lis rarement de la BD de nos jours et je suis donc complètement largué avec ce qui se fait. Mais, largué ou pas, j’aime toujours être surpris et ce Marly m’a tellement surpris tandis que je le feuilletais tout en écoutant le patron qui m’en parlait avec enthousiasme, que je n’ai pas pu résister.

Si je n’ai pas résisté, j’ai quand même hésité non pas avec une autre BD, mais avec deux autres ! On verra plus tard car, contrairement aux canicules cet été, l’argent, lui, vient facilement à manquer ;)

Published: 2026 Jul 02

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