1913

Illustration

Je lis ce volume des poésies de Jules Laforgue, paru au Mercure de France en 1913 (7ème édition, PDF).

Je suis plongé dans ‘Les sanglots de la terre’, le premier des reccueils groupés dans cette anthologiue censée réunir toutes les poésie de Laforgue. J’aime beaucoup sa poésie et je n’en savais rien jusqu’alors car je n’avais jamais rien lu de Laforgue.

Mais ce n’est pas de ses poèmes que je voulais vous parler, c’est de la couverture jaune pâle typique du Mercure de France de cette période, et de sa date de parution: MCMXIII, 1913.

En voyant ça, j’ai pensé au lecteur de 1913 qui s’était offert ce livre alors neuf, le même que j’ai entre les mains plus d’un siècle après, et je me suis demandé : pressentait-il, ce lecteur d’alors, que l’année suivante l’Europe et le monde avec elle seraient entrés en guerre ? Est-ce pour cela qu’il souhaitait lire ces poèmes mélancoliques ?

Les temps sont révolues ! Morte à jamais la Terre,
Après un dernier râle (où tremblait un sanglot !)
Dans le silence noir du calme sans écho,
Flotte ainsi qu’une épave énorme et solitaire.
Quel rêve ! est-ce donc vrai ? par la nuit emporté,
Tu n’es plus qu’un cercueil, bloc inerte et tragique :
Rappelle-toi pourtant ! Oh ! l’épopée unique !…
Non, dors, c’est bien fini, dors pour l’éternité.
(extrait de ‘Marche Funèbre pour la mort de la terre’)

Published: 2026 Feb 15

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